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Encart Chasse Cloches de Rocles

L’heure n’est plus donnée !

Depuis lundi 20 août, les trois cloches de l’église sont arrêtées pour cause de travaux.

Mis en ligne le 26/09/2018

Bien que nous soyons en Lozère, ne cherchez point une comparaison avec la demande (farfelue) d’une vacancière qui a sollicité le Maire des Bondons pour décaler le carillon de 7 heures afin de s’octroyer une grasse matinée. Preuve s’il en est, cette histoire rocambolesque a même fait l’objet d’un reportage au JT de 13 heures de TF1 le 14/08/2018 !
Cette fois, l’histoire est bien plus sérieuse. Au fil du temps, la volée des cloches a dégradé le jointement des pierres du clocher de l’église à cause du poids des cloches et de l’absence de contrepoids efficaces. Le conseil municipal a donc voté le remplacement des jougs (appelé aussi mouton) de chaque cloche afin de résoudre ce problème. Elle a confié cette mission à l’entreprise familiale BODET, implantée sur la commune de Trémentines (49340) et présente sur tout le territoire national grâce à ses nombreuses agences (Paris, Lyon, Toulouse, Strasbourg et Saint Brieux). Cette dernière est spécialisée dans le campanaire, son métier originel depuis 1868 ! Elle vient de fêter ses 150 ans d’existence. Elle intervient en France et en Europe.
L’entreprise a missionné deux salariés pour ce chantier : Richard BONNET et Michel BOURRACHET, tous deux campanistes, depuis 1998, soit 20 ans pour le premier et depuis 2005, soit 13 ans pour le second. Ils interviennent depuis lundi sur le clocher.

 
Cloches de l'église
Cloches de l'église
 

Prenons quelques minutes pour nous attarder sur le terme de campaniste (du latin « campana » signifiant « cloche »). On peut lire sur le site internet de BODET : « Il désigne les praticiens d’un métier : la conception, la réalisation, l’installation, la restauration, l’entretien des cloches et d’horlogerie d’édifice. Le campaniste crée et réhabilite les cloches et horloges qui ornent et font vivre églises et édifices, dans les villages comme dans les grandes villes. C’est un métier complexe, artisanal et culturel, qui fait appel à plusieurs savoir-faire :

  • Charpentier, pour l’installation des beffrois et structures en bois,
  • Horloger, pour les mécanismes,
  • Mécanicien, pour l’installation des battants et des jougs,
  • Electromécanicien, pour les moteurs, les fonctionnements électriques,
  • Electricien, pour l’installation électrique,
  • Electronicien, pour les systèmes de commandes automatiques programmés,
  • Restaurateur de mécaniques anciennes. »

La plupart des intervenants sont également cordistes afin d’évoluer en hauteur, à l’aide de cordes. C’est le cas de Richard et Michel. Bien que le clocher de Rocles avoisine une vingtaine de mètres, ils sont intervenus sur des cloches bien plus élevées ! Leur record personnel : 80 mètres à Montauban et 65 mètres à Auxerre.
Les cloches ont été déposées une à une, de la plus « légère » à la plus « lourde », grâce à un système d’ancrage qui consiste à percer la pierre pour y insérer une plaquette de fixation. Deux points d’ancrage de part et d’autre du clocher, quatre au total par cloche excepté pour la plus imposante avec cinq points.
Le déroulé de l’opération est le même pour chaque cloche : démonter le moteur (et le conserver car il sera remonté), enlever le battant, déposer la cloche sur la base du clocher, démonter le joug, l’évacuer et le remplacer par le nouveau, puis assembler le joug et la cloche et réinstaller l’ensemble.
Ces jougs ont été fabriqués par l’entreprise BODET sur le site de Trémentines grâce aux mesures effectuées par Patrick GERMON PRIVA, technico commercial au sein de l’agence BODET de Toulouse.
Un binôme efficace, qui dispose d’un matériel de qualité. Ni échafaudage ou grue, mais l’installation d’une tyrolienne qui relie le clocher au plancher des vaches via l’anneau de remorquage avant d’une fourgonnette siglée BODET. Un treuil électrique permet d’assurer la descente des anciens jougs métalliques et la montée des nouveaux en chêne massif.
Un joug est composé de plusieurs pièces de bois généralement du vieux chêne de 100 ans, acheté auprès d’anciennes fermes ou bâtisses. C’est l’assurance de disposer d’un bois qui a déjà travaillé avec le temps. La pièce de bois située au sommet du joug contient du plomb afin d’alourdir l’ensemble et accentuer le contrepoids de la cloche lors de la volée. Ces pièces de bois sont maintenues entre elles grâce à quatre brides métalliques.

La cloche la plus imposante, qui pèse 1100 kg environ, située au centre du clocher a été déposée dès le mercredi soir. A titre de comparaison, la cloche la plus grande de France se situe à Paris. Il s’agit de la Savoyarde au Sacré-Cœur de Montmartre. Elle avoisine les 19 tonnes ! Quant aux deux autres cloches, elles sont estimées à 500 kg et 600 kg.
Généralement les cloches sont constituées de bronze, un alliage de cuivre (78%) et d’étain (22%) également appelé airain en campanologie.

 
Cloches de l'église
Cloches de l'église
 

Les badauds ont suivi au fil des jours l’avancée des travaux et les commentaires ont fusé. Certains affirment que le clocher de l’église est embelli, tandis que d’autres sont plus réservés, sans doute à cause du changement visuel opéré après des dizaines d’années en l’état. Les plus anciens du village vous diront que les jougs étaient en pierre taillée à l’époque comme en témoigne la photo ci-dessus. C’est au moment de l’électrification du clocher que ces jougs ont été remplacés par des jougs métalliques.
Désormais le clocher dispose de moutons équilibrés qui permettront de sauvegarder la maçonnerie de l’édifice. Ils ont une durée de vie estimée à une cinquantaine d’années selon les aléas climatiques qu’ils subiront au fil du temps, entre la pluie, la neige et le soleil. Leur entretien régulier via une lasure ou de l’huile de lin à base de térébenthine, permettra de proroger leur durée de vie. Leur teinte virera au gris au fil des ans.
Pour ceux qui se demandent si les cloches peuvent effectuer un tour complet, c’est possible. On parle alors de volée tournante mais ce n’est pas le cas des cloches de Rocles. Pour éviter un tour complet : nul besoin de butée ou autre, c’est le moteur qui génère la volée et détermine l’amplitude de chaque cloche. L’alimentation électrique (380v) se coupe automatiquement.

Le remplacement des jougs des cloches n’est que la première étape d’une série de quatre. En effet, trois autres étapes marqueront les semaines suivantes à commencer par la démolition de l’abri blanc, peu esthétique, qui relie le toit de l’église à la plateforme située à la base du clocher. C’est l’entreprise BENOIT CLAUDE qui assurera cette tâche ainsi que la pose d’une fenêtre de toit sur le toit de l’église. L’entreprise BODET interviendra à nouveau pour poser un paratonnerre et des barreaux métalliques (sous forme d’échelle), adossé à une ligne de vie, qui permettront d’atteindre la plateforme du clocher en remplacement de la cage d’escalier démolie. A cette occasion elle remettra en service le moteur de chaque cloche, qui n’ont pas été remontés à l’issue de la semaine. Enfin l’entreprise ALMEDA, interviendra mi-septembre (sauf imprévu) pour reprendre la totalité du jointement des pierres composant le clocher de l’église. Un échafaudage sera monté pour assurer la sécurité des ouvriers.

Au total, ces travaux s’élèvent à plus de 37000 € HT. Ils sont en partie subventionnés.

Découvrez ci-dessous des photos de cette première tranche de travaux réalisées à partir d’un drone et d’un appareil photo numérique. En bonus, une vidéo !

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