A Langogne, des élus déçus du report.
Pourquoi traiter différemment une communauté de communes que d'autres alors que les situations sont semblables ? Pourquoi retarder d'un an un processus inéluctable et freiner l'élan et le dynamisme d'une région qui commençait à sortir la tête de l'eau après une période de déclin économique ? Pourquoi ne pas donner sa chance à une communauté de communes qui a déjà perdu quatre ans par rapport au démarrage du concept, et qui, reconnaissant ses erreurs passées, avait déployé tant de bonne volonté pour parvenir à une entente sinon totale, du moins à un large consensus avec la majorité des communes voisines ? Pourquoi faire perdre 150 000 euros de subvention au bassin de Langogne en une période où son développement l'exige ?
C'était la grande idée, le grand combat de l'année 2005 de l'ensemble du conseil municipal langonais qui multipliait réunions et débats pour faire avancer, au pas de charge mais pas au forceps, la communauté de communes, montrant son sens des responsabilités, qualités d'écoute et de négociation, et une union sacrée parmi les élus de la majorité ou de l'opposition.
On mettait les bouchées doubles pour que le dossier soit bouclé fin décembre, mais pas dans la précipitation, plutôt dans l'enthousiasme. À chaque invitation officielle, la maire faisait part de sa confiance en l'issue positive prochaine de ce projet fédérateur...
Hélas la douche fut froide. Sentiment d'injustice et de grand gâchis sont partagés par les élus qui ont l'impression une fois de plus que Langogne est traité "différemment". Les élus de l'opposition ont décidé de publier ce communiqué de presse, unanimemment partagé.
La communauté de communes du Val d'Allier n'aura pas vu le jour au 31 décembre 2005, comme l'avaient souhaité les communes de Chastanier, Langogne, Le Cheylard, Naussac, Rocles, et Saint-Flour-de-Mercoire. Pour Monsieur le préfet, "deux communes situées sur le pourtour du lac de Naussac" (Fontanes et Auroux) n'ayant pas souhaité adhérer, cela remettait en cause le développement économique et touristique de cette communauté.
Ne pouvait-on pas, dans un premier temps, laisser le Siagpen poursuivre sa réflexion sur l'aménagement du tour du lac tout en tenant compte de la volonté des six communes d'initier enfin l'intercommunalité, après plus de quatre années de discussions ?
Dans le même temps, autour de la Canourgue, on autorisait la création d'une communauté de communes alors que trois communes concernées refusaient d'adhérer. Nous retrouvons une situation similaire chez nos voisins ardéchois qui ont pu créer une communauté de communes à partir du canton de Saint-Etienne-de-Lugdarès avec... deux communes en moins !
Au bout du compte, nous allons nous priver d'une année de plus de ressources financières supplémentaires, mais c'est surtout un coup d'arrêt à une dynamique qui pouvait donner un nouveau souffle à notre bassin de vie qui en a bien besoin.